Radio-Canada serait-elle à vendre ?
Hier, les médias du groupe CanWest laissaient entendre que le gouvernement Harper envisageait de privatiser Radio-Canada, tout comme huit autres sociétés de la Couronne. Cette évaluation s’inscrit dans un processus de révision des actifs du gouvernement fédéral en fonction de leur efficacité, de leur viabilité et de leur soi-disant pertinence. Ce processus figurait au dernier budget, mais a été amorcé à l’automne dernier. De plus, une note de «breffage» du Ministère des Finances, datée du 2 décembre 2008, confirme qu’Ottawa entend considérer la privatisation de certaines sociétés de la Couronne.
Un sondage réalisé en mai 2009 par Pollara, pour le compte des Amis de la CBC, révèle que les Québécois ne sont pas dupes : 70 % d’entre eux, comparativement à 63 % au pays, jugent Stephen Harper hostile envers Radio-Canada et enclin à réduire le rôle de la radiodiffusion publique ; 54 % estime qu’il a des intentions cachées en faveur des radiodiffuseurs privés ; 73 % jugent que le niveau de financement de la radiodiffusion publique est une indication du traitement que le gouvernement fédéral réserve à la culture québécoise ; 71 % estiment que le financement est inadéquat et 65 % des Québécois sont en désaccord avec la privatisation de Radio-Canada.
L’intérêt des Conservateurs pour la privatisation de Radio-Canada n’est cependant pas nouveau… Ceux-ci ont plusieurs fois fait part, publiquement, de leur intention d’en arriver à cette solution.
Ainsi, le 19 mai 2004, pressé de questions par un journaliste de Winnipeg au sujet de ses plans pour Radio-Canada, Stephen Harper a offert cette réponse : « J’ai proposé que l’appui financier du gouvernement envers Radio-Canada aille plutôt à des choses qui ne sont pas… qui n’ont pas d’alternatives commerciales. » Avant d’ajouter au sujet de la radio et de la télévision publique : « vous pourriez les placer en situation commerciale ». Au cours de l’élection fédérale de 2004, l’ex-député et ex-directeur de campagne, John Reynolds, fit savoir par écrit à l’un de ses commettants que la télévision de Radio-Canada « serait obligée d’être en compétition, mais avec les amarres complètement coupées ». En 2006, les députés conservateurs minoritaires ont rejeté une motion de la Chambre des communes appelant au maintien ou à l’accroissement du financement de la radiodiffusion publique au pays. Idem en février 2008, lorsqu’une étude du Comité permanent du Patrimoine de la Chambre des communes proposait un financement public annuel de 40 $ par personne, pour une durée de sept ans, assorti de conditions. Tous les partis ont approuvé ces recommandations, sauf les Conservateurs.
SOS Radio-Canada juge qu’à seulement 33 $ par personne, alors que la moyenne internationale est de 80 $, nous sous-finançons notre radiodiffusion publique. C’est pourquoi notre mouvement appuie un financement de la SRC sur 7 ans, qui ferait passer la contribution de chaque Canadien de 33 à 40 dollars et qui rendrait permanent l’actuel financement annuel d’appoint de 60 M $. Au Québec, la SRC est un pôle de création et de développement culturel et social, un modèle journalistique et un chien de garde de notre démocratie.
L’Union des artistes saute dans l’arène !
Par la voie d’un communiqué, l’UDA souligne combien Radio-Canada est un outil de développement économique et culturel du Québec et joint sa voix à celle de notre mouvement. Elle estime qu’il serait dangereux, voire irresponsable, de ne pas venir en aide au radiodiffuseur public et de ne pas tenir compte des recommandations du Comité permanent de Patrimoine canadien. Rappelons que celui-ci recommandait pour Radio-Canada un financement stable sur 7 ans, faisant ainsi passer la contribution annuelle de chaque Canadien de 33 à 40 $ stabilisant ainsi un financement d’appoint de 60 M$, qui était renouvelé annuellement sur des bases discrétionnaires.
Mobilisons-nous !
Comme vous le constaterez nous avons mis en ligne une pétition pour dénoncer la volonté du gouvernement canadien de démanteler la Société Radio-Canada, un outil essentiel à notre développement culturel et identitaire.
SOS Radio-Canada invite tous les organismes, les municipalités du Québec, les élus, les entreprises et les associations qui saisissent la valeur culturelle, économique et sociale de Radio-Canada au Québec à emboîter le pas à l’UDA et à faire valoir leur vision par le biais d’un appui public et de lettres ouvertes.
Nous nous sommes donnés pour mission de mobiliser la population, de forcer le prochain gouvernement canadien à reconnaître l’importance culturelle et sociale de Radio-Canada au Québec et de le convaincre d’augmenter de façon permanente son financement public. Pour y arriver, nous mènerons une campagne de mobilisation énergique et poserons des actions tactiques au cours des prochaines semaines.
En l’espace de 72 heures, notre site affiche un taux de fréquentation exceptionnellement élevé et nous comptons déjà plus de 2100 adhérents sur notre page Facebook. Nous recevons chaque jour des centaines de courriels.
Comme vous le savez, nous sommes un mouvement entièrement bénévole et sans budget. Notre seul média, c’est notre voix. Notre seule force de frappe, c’est l’ampleur du mouvement que nous avons lancé hier.
Merci à tous.
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3 juin 2009 à 18 h 33 min
Ces coupures sont une grande bêtise, une erreur de jugement très très grave. La radio d’état est une façon de créer une grande cohésion dans un pays et de donner des informations pertinentes pour l’ensemble de la population à partir d’un dénominateur commun qu’il soit culturel, social, économique, etc., la possibilité de transmettre des valeurs communes.
Ce gouvernement est comme un aveugle qui aurait perdu sa canne; un gouvernement qui a perdu le sens… commun. Un gouvernement qui coupe dans la culture, dans les groupes de pression, et dans l’institution qui peut le plus transmettre ses valeurs… alors que, depuis qu’il est au pouvoir, a investi comme jamais (des dizaines et des dizaines de milliards) dans ce qu’on appelle maladroitement, le ministère de la Défense (qui devrait plutôt, sous ce gouvernement, s’appeler le ministère de la Guerre).
Un mauvais choix!
Jacques Languirand, o.c., c.q
3 juin 2009 à 19 h 04 min
Demandez à un anglais s’il accepte qu’on privatise la BBC. Il vas simplement se contenté de rire.
Pourquoi, ici, cette option est envisageable?
Je n’écoute aucune chaine généraliste excepté la SRC. Je regarde les chaines spécialisé où étrangère autrement.
Cessé de financé où privatisé la SRC est un non sens pour moi. Je suis prêt à me rendre à la maison de la SRC donné le 40$ nécessaire à la survie de ma télé publique. Ça représente à peine 1 mois d’abonnement au câble où au satellite.
Je vous garantis que les prochaines élections ne serons pas faciles pour monsieur Harper. Je peut vous dire que ça seras un enjeu électoral. Je vais faire campagne là dessus dans mon entourage.
3 juin 2009 à 19 h 15 min
S’il a un cÅ“ur, celui de S. Harper appartiens clairement au secteur privé. Il est un ennemi de la démocratie et un ennemi des valeurs sociaux démocrates Canadiennes avec lesquels il est en conflit d’intérêts.
Il est temps que sont pitoyable règne prenne fin avant qu’il dilapides davantage nos biens collectif pour engraisser le secteur privé qui n’est, de toute évidence, pas viable.
3 juin 2009 à 19 h 31 min
Merci pour garder Radio-Canada publique!
3 juin 2009 à 21 h 40 min
Pour le peu de gens qui parle adéquatement à la radio!! On est derrière vous.
3 juin 2009 à 22 h 44 min
Tout comme monsieur Desfossés (3 juin 2009, 19h 04), je serais bien disposé à remettre à la SRC mon 40.00$ Et effectivement à la prochaine élection, n’importe qui sauf Harper. Il n’est pas le seul, mais il n’a pas encore compris ce que sont les Québécois et en particulier la culture québécoise. On peut dire que cette fois-ci, nous n’avons pas les politiciens que nous méritons. Privatiser la SRC est l’idée la plus saugrenue venant de politiciens déconnectés de notre situation culturelle et au moment où les excès du capitalisme et du privé démontrent qu’il vaut mieux en sortir que de continuer dans cette voie.
5 juin 2009 à 18 h 43 min
Quel peuple pathétique nous sommes. Un Canadian réformiste-conservateur s’attaque à une de nos institution et nous, on se questionne et on se divise. En quoi cet homme est-il outillé pour prendre des décisions pour nous ? Il ne nous connait pas, ne nous comprend pas et ne nous aime pas. Le canada est composé de deux peuples qui vivent chacun dans leur monde. Est-ce difficile à saisir ? Il me semble qu’il ne faut être la tête à Papineau pour le constater. Nier cette réalité ne peut relever que de la bêtise ou que d’une volonté d’assumilation.
6 juin 2009 à 16 h 19 min
Ma mère, décédée en 1979, écoutait Radio-Canada. Le palmarès et l’opéra du samedi après-midi ont baigné mon enfance et mon adolescence. J’ai toujours écouté Radio-Canada dans la famille que j’ai constituée par la suite. Le téléjournal de fin de soirée fait partie d’un rituel depuis très longtemps.
Des émissions de radio comme Des airs de toi ont habité ma cuisine lors de la préparation de mon souper du samedi soir. J’ai déjà manifesté ma peine sur le site de Radio-Canada à l’effet que cette merveilleuse émission soit coupée.
Je serais prête à contribuer un peu plus financièrement pour que notre diffuseur public ne perde pas de plumes. Notre histoire et notre culture doivent être préservées. Je me suis toujours identifié à ce diffuseur, tant par la culture que par la qualité et l’intelligence des émissions présentées. Le gouvernement a une responsabilité qu’il doit assumer.
Je vais faire tout ce qui est possible pour développer un mouvement d’appui dans ma région.
Régine Valois
Rimouski
8 juin 2009 à 15 h 28 min
On dit que, contrairement à la télévision, les émissions de radio coûtent très peu cher à produire. Et la qualité des émissions produites par Radio-Canada n’est plus à faire. Les Conservateurausus Rex ne coupent pas pour économiser de l’argent, ils coupent pour des raisons idéologiques.
Imaginez, quelle horreur! il s’émet des opinions à Radio-Canada.
Quand un Premier ministre nomme un créationniste comme ministre des sciences et de la technologie, il n’y a plus trop de questions à se poser. Pourquoi étudier les sciences et se poser des questions ? C’est pourtant clair: Dieu a créé l’univers en 7 jours, il n’y a pas à sortir de là .
On dit aussi, chez les créationnistes, que Dieu a créé l’Homme à son image et à sa ressemblance. Une variation de ce que disaient les Cyniques à l’époque: En regardant Stephen Harper, il y a de quoi perdre la foi!
Allez ouste, boutez-moi ces rétrogrades hors du pouvoir!
Jacques Bérubé, artiste et scénariste
Rimouski
9 juin 2009 à 11 h 24 min
Ce que les conservateurs font pour des raisons idéologiques, les libéraux l’ont fait, à l’époque de la réduction du déficit, pour des raisons budgétaires. Ils avaient, si je ne m’abuse, amputé le budget de R.-C. de quelque 400 millions. Morale: aucun gouvernement ne tient vraiment à un réseau public, à moins de le contrôler étroitement. Trop indépendant, trop dangereux.
Soyons clairs: le problème touche essentiellement le Québec. Dans les années 1980, les statistiques montraient ceci: au Canada anglais, et cela sur dix ans, huit des émissions de télé les plus regardées étaient américaines, les deux autres étant «Hockey Night in Canada» et «The National». Au Québec, la proportion était exactement l’inverse: deux émissions étaient des traductions de l’américain et huit des productions québécoises. Rien n’indique que ces proportions aient changé depuis lors, quelle qu’ait été la multiplication des chaînes.
La question de Radio-Canada est d’ordre culturel (au sens large du terme). Il s’agit d’exprimer une identité sans que n’interfèrent indûment des contraintes de rentabilité. Le réseau français de la SRC remplit à peu près bien de mandat. La CBC s’y essaie dans la mesure où le Canada anglais se reconnaît une identité. Ironie ou paradoxe de l’histoire: la SRC a été créée dans les années 1930 par un gouvernement conservateur qui entendait, sous la pression de groupes d’intellectuels influents, réagir à l’envahissement des ondes par des stations américaines.
Sauver le réseau public, c’est essentiellement nous sauver.
Pierre Desrosiers
Val David
11 juin 2009 à 9 h 03 min
Radio-canada m’accompagne tous les jours depuis que j’ai 15 ans, j’en ai maintenant 65. Que ce soit la Première chaîne pour l’information ou Espace musique je suis toujours en bonne compagnie. J’y apprends plein de choses intéressantes et la musique me nourrit l’âme.
Cette institution est essentielle et tout gouvernement doit veiller à son épanouissement, pas à son asphyxie comme les conservateurs y travaillent.
Longue et bonne vie à Radio-Canada.
Mario Laprise
Québec
30 juin 2009 à 13 h 36 min
Mme Valois,
Si vous désirez toujours développer une branche de SOS Radio-Canada dans votre région, faites-nous le savoir. Il nous ferait plaisir de vous aider dans vos démarches et de vous mettre en contact avec d’autres supporters de votre coin de pays.
Au plaisir!
9 juillet 2009 à 13 h 15 min
Radio Canada, ce n’est pas seulement au Quebec. Elle est la principale voix des communautés francophones en milieu oh combien! minoritaire…
Privatiser Radio canada, c’est donner un autre coup à notre identité Canadienne Française, partout au Canada. Ultimement, c’est le statut du français comme langue officielle qui est encore affaibli…
Véronique
Saskatoon