Compressions à Radio-Canada: danger!

Voici un texte publié par le syndicat de Radio-Canada:
26 juin – Le Devoir

Radio-Canada, institution, mémoire collective profondément ancrée dans l’histoire des Québécois, Acadiens, des francophones hors Québec et des Autochtones, est à bout de souffle. À travers elle, c’est l’épanouissement culturel et le droit à une information de qualité qui sont attaqués.

La nation québécoise, les Acadiens et les minorités francophones des provinces canadiennes ont le génie de leur langue. Mais ils ne peuvent pas compter, doit-on le rappeler, sur la force du nombre. Sans Radio-Canada, quel réseau privé, chez nous, investirait les sommes nécessaires à la couverture internationale de l’information avec ses propres correspondants?

Sans Radio-Canada

Sans Radio-Canada, qui prendrait le temps de former de jeunes journalistes au sein d’un vaste réseau professionnel, indépendant, respectueux de la langue et des gens, doté d’un solide sens de l’éthique et d’une politique journalistique rigoureuse?

Sans Radio-Canada, quel réseau de nouvelles réserverait l’espace de réflexion coûteux nécessaire à une information autre que spectaculaire, people, tape-à-l’oeil, sensationnaliste, où la une est réservée aux vedettes ou au chien écrasé du voisin?

Sans Radio-Canada, quel mécène paierait pour des émissions d’affaires publiques télévisées comme Découverte, Enquête, 24 heures sur Terre, Second Regard, La Semaine verte?

Sans Radio-Canada, quel réseau privé radiophonique oserait parler de livres, de culture, d’économie, de philosophie, de sciences et inviter des musiciens pas toujours connus en studio pour partager leurs créations?

Car Radio-Canada est à la fois réseau d’information et un véritable incubateur culturel grâce auquel les créateurs peuvent oser des émissions dont le concept même rebuterait des diffuseurs privés allergiques au risque et à l’innovation.

Langue française

Et pourquoi la minorité de langue française d’ici n’aurait-elle pas droit à son propre réseau de prestige, bien financé par l’État, au même titre que les Britanniques, les Français ou les peuples scandinaves?

Pourquoi, Monsieur le Premier Ministre Stephen Harper, forcez-vous la mise à pied de 385 artisans du réseau public de langue française? Pourquoi 5 % de compressions de plus demandées pour le printemps prochain? Pourquoi cet acharnement à réduire les budgets dévolus à nos artistes, et maintenant à l’Office national du film, au Conseil des arts, à des programmes de recherche? Pourquoi cet acharnement contre les penseurs, les créateurs?

Ne plus étouffer la SRC

Nous vous posons alors la question: est-ce par la rentabilité à tout prix, à court terme, que nous assurerons le développement de notre culture et de notre économie? Monsieur le Premier Ministre, ne touchez plus à Radio-Canada et à la culture, ça fait trop mal.

À tous les conservateurs progressistes au sein du parti au pouvoir à Ottawa, aux libéraux, aux bloquistes, aux néo-démocrates, aux sans-parti, aux fédéralistes comme aux indépendantistes, nous demandons la fin de l’étouffement de Radio-Canada et des programmes culturels, un réinvestissement dans le service public, un financement stable et garanti, le respect qui est dû à une culture qui, toujours, devra se donner les moyens de sa survie. Je suis, nous sommes pour un service public de qualité!

***

Le contenu de ce texte est endossé par: France Castel, Marie-Hélène Thibault, Yves Lambert, Florent Vollant, Jean-Marie de Koninck, André J. Hamel, Louise Portal, Jacques Matte, Nicole Leblanc, Louise Latraverse, Dany Turcotte, Richard Séguin, Vincent Gratton, Clémence DesRochers, Macha Limonchik, Fred Pellerin, Jean-Guy Moreau, Michel Rivard, Jean Leloup, Pierre Lapointe, Raymond Cloutier, Gilbert Sicotte, Marc Béland, Yves Beauchemin, Normand Brathwaite, Françoise David, Denise Robert, Jean-Claude Labrecque, Ken Scott, Pierre Nadeau, Lise Payette, Thomas Mulcair, Pablo Rodriguez, Jean Lemire, Louise Harel, Benoit Bouchard, Pierre Chastenay, Georges Brossard, Marie-Eva de Villers, Bernard Landry, Claudette Carbonneau, Fernand Daoust, Yann Perreau, Jacques Godbout, Jean-Rock Gaudreault, Bruno-Marie Béchard, Michel Marc Bouchard, Isabelle Vincent, Pierre-Yves Bernard, Normand Daneau, Élizabeth Bourget, Christian Bégin, François Archambault, Francine Larrivée, Dominique Quesnel, Carl Béchard, Émile Proulx-Cloutier, Vincent Bilodeau, Linda Sorgini, Denis Bernard, Danièle Panneton, Gilbert Turp, Lesley Johnstone, Jean Maheux, Markita Boies, Émilie Bibeau, Annette Garant, Jean-François Pichette, Marc Béland, Yves Michaud et Amir Khadir.

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2 Réponses à “Compressions à Radio-Canada: danger!”

  1. Jaques-Michel Desfossés Dit:

    Il faut en faire un enjeu électoral. Une manifestation populaire motiverais aussi le gouvernement conservateur qui as terminé d’enfoncer, avec volupté, le clou qu’as installé les Libéraux.

  2. www.sosradiocanada.org Dit:

    Compressions a radio canada danger.. Bang-up :)

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