Radio-Canada pourrait vendre des édifices pour se maintenir à flots
1er juillet - La Presse Canadienne
TORONTO — Les dirigeants de la Société Radio-Canada n’écartent pas la possibilité de vendre des immeubles abritant leurs studios de radio et de télévision pour boucler leur budget.
Le président de la SRC, Hubert Lacroix, a indiqué, mardi, que tout était susceptible d’être vendu si on ne parvient pas à trouver de nouveaux revenus.
Selon M. Lacroix, la société d’Etat préférerait prélever la somme nécessaire, évaluée à 125 millions $, en accélérant le versement des paiements pour des actifs déjà vendus, comme les terrains entourant le centre de radiotélévision de Toronto ainsi que son service audionumérique payant Galaxie. L’argent de ces transactions est pour le moment distribué au compte-gouttes, en paiements échelonnés.
“Nous accélérerions certains flux financiers qui nous sont dus sur des transactions qui ont été conclues au début des années 2000″, a expliqué M. Lacroix, en entrevue téléphonique.
“Si ces transactions-là ne se concrétisent pas, notre deuxième source de revenu serait alors les propriétés immobilières que nous détenons”, a-t-il avancé.
La SRC devrait alors étudier sérieusement la possibilité de liquider des biens immobiliers - notamment des studios dans diverses régions du pays - pour ensuite les louer, selon M. Lacroix.
Pour aller de l’avant avec l’un ou l’autre des deux scénarios, la SRC devra d’abord obtenir l’approbation du gouvernement fédéral. M. Lacroix a admis que la société attend toujours l’aval du gouvernement, mais il s’est dit confiant de le recevoir d’ici au mois de septembre.
Au cours des derniers mois, la SRC a été contrainte d’éliminer des emplois et des émissions afin de retrancher 171 millions $ à son budget d’exploitation, en raison de la crise économique.
Selon M. Lacroix, 300 employés ont accepté le programme de retraite anticipée, tandis que 250 autres ont été congédiés.
Le président de la société d’Etat a précisé qu’environ 170 mises à pied avaient été faites du côté des services anglophones, tandis qu’entre 60 et 70 employés des services francophones ont été remerciés pour leurs services. Les autres licenciements ont été faits parmi les cadres.
Quelque 185 employés francophones ont par ailleurs accepté les offres de retraite anticipée de la direction, mais seulement 75 employés des services anglophones ont accepté de quitter la société d’Etat.
Hubert Lacroix a toutefois nié que les compressions aient été inégales entre les services des deux langues.
“Du côté de la télévision, Radio-Canada fait beaucoup plus de productions à l’interne que CBC, alors après, quand on fait des compressions à l’interne dans notre compagnie, dans la production, le nombre de compressions du côté français sera plus élevé simplement en raison de la façon dont nous sommes structurés”, a-t-il expliqué.
“Cela n’a rien à voir avec la proportionnalité de la compagnie ou avec le fait de choisir un côté plutôt qu’un autre”, s’est défendu M. Lacroix.
Et malgré la réduction de postes, M. Lacroix a insisté pour dire que tous les efforts avaient été faits pour conserver une “zone de couverture géographique” nationale.
A l’annonce des compressions, les critiques s’étaient inquiétés que les nouvelles locales et que les régions rurales qui sont particulièrement dépendantes des informations offertes par CBC/Radio-Canada soient touchées de façon disproportionnée.
Parmi les mesures de restructuration de la société d’Etat, le contenu local des programmations régionales à l’heure du midi à la radio a récemment été réduit de deux à une heure.
“Mais nous avons pu conserver une heure plutôt que de simplement fermer les stations et remplacer les émissions par des émissions nationales”, a plaidé M. Lacroix.
Les compressions ont malgré tout entraîné une importante révision de l’identité propre de CBC/Radio-Canada. La société d’Etat doit désormais être vue comme une “compagnie de contenu”, plutôt qu’un diffuseur, a soutenu son président.
“Nous ne sommes plus et nous ne devrions plus être considérés comme un radiodiffuseur, un télédiffuseur, ou un diffuseur qui vous offre des services par Internet. (…) Nous sommes fondamentalement de plus en plus une seule compagnie qui fait toutes sortes de choses sur différentes plateformes.”
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